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Les espèces exotiques envahissantes menace l’outre-mer

Selon un rapport publié par l’UICN début juillet, 49 espèces figurant parmi les 100 plus envahissantes au monde sont présentes dans les collectivités françaises d’outre-mer. Les espèces exotiques envahissantes sont aujourd’hui considérées comme l’une des plus grandes menaces pour la biodiversité. D’après la liste la liste rouge de l’Union mondiale pour la nature, elles sont la deuxième cause d’extinctions d’espèces et la troisième menace à venir pour les espèces en danger d’extinction. On estime qu’elles menacent 30 % des oiseaux, 15 % des plantes, 11 % des amphibiens et 8 % des mammifères inscrits dans les catégories d’espèces menacées de la Liste rouge.

Dans un contexte mondial marqué par la multiplication des déplacements et des échanges commerciaux, aucune collectivité d’outre-mer n’échappe à la vague des introductions d’espèces, volontaires ou accidentelles : 1200 espèces de plantes introduites aux Antilles, 1400 en Nouvelle-Calédonie et 2000 à La Réunion.

Il ressort que 42 espèces de vertébrés exotiques et près de 300 espèces végétales représentent une menace déjà réelle ou potentielle pour les écosystèmes d’outre-mer. Le rapport montre que parmi les espèces inscrites sur la Liste rouge de l’UICN présentes en outre-mer, un amphibien sur trois et plus d’un oiseau sur deux sont directement menacés par celles-ci.

À Tahiti, l’arbuste ornemental miconia a déjà recouvert les deux tiers de l’île et menace de disparition 40 à 70 espèces de plantes endémiques par son envahissement. En Guadeloupe et en Martinique, la mangouste est une cause de raréfaction pour diverses espèces d’oiseaux et de reptiles. À La Réunion, la liane papillon menace les derniers vestiges de la forêt semi-sèche. En Nouvelle-Calédonie, la fourmi électrique perturbe le fonctionnement des écosystèmes en éliminant de nombreux invertébrés. En Polynésie française, l’introduction de l’euglandine, un escargot carnivore, a contribué à l’extinction de 57 espèces d’escargots endémiques.

Pour Yohann Soubeyran, auteur de ce rapport ; la lutte contre les espèces exotiques envahissantes est d’autant plus difficile et coûteuse que le processus d’invasion est avancé : « L’anticipation et la réactivité sont donc les clés du succès. Les recommandations élaborées visent notamment à renforcer les cadres réglementaires pour une meilleure prévention des invasions, à promouvoir la mise en place de cellules de veille et de réaction rapide, à consolider les connaissances et la sensibilisation, et à développer la coordination des actions au niveau des bassins biogéographiques et à l’échelle de l’outre-mer. »

À partir du milieu du 20e siècle, avec la mondialisation de l’économie et le développement des transports, des flux commerciaux et du tourisme qui l’a accompagnée, les déplacements d’espèces et les phénomènes d’invasions biologiques se sont considérablement accélérés. Selon l’évaluation des écosystèmes pour le millénaire (Millenium ecosystem assessment) publiée par les Nations Unies en 2005, les invasions biologiques sont considérées comme la deuxième cause d’érosion de la biodiversité à l’échelle mondiale, après la destruction et la dégradation des habitats naturels.

http://www.uicn.fr/Synthese-especes-envahissantes-OM.html

 


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